20 février 2009
Une heure passa. Lorsque mes parents revinrent, j'avais cédé. Le magazine reposait ouvert à mes pieds, le stylo en travers d'une grille à peine commencée. En entendant la porte s'ouvrir, je fermai d'un geste sec, témoin de ma surprise et de ma frayeur, le roman dont il ne restait qu'une vingtaine de pages non lues. Ma mère eut tout juste le temps de poser son sac à main que je bondis sur le sol, prête à partir manger. Mon père soupira en secouant la tête et me dit de descendre, sur un ton las. Apparemment, la boutique de souvenirs n'avait pas accédé à leurs désirs, puisqu'ils avaient les mains vides et le regard dénué de ces petites étincelles d'émerveillement.
Sans me faire prier, je dévalai les marches, regrettant de n'avoir pas prit un pull. Le hall était sujet à de fréquents courants d'air et je frissonnai. Espérant qu'elle serait plus chaude, j'empruntai le couloir qui menait à la salle à manger. Les double portes vitrées étaient ouvertes, me laissant deviner les quelques dix tables pouvant accueillir de deux à six personnes. Je les franchis et me dirigeai vers le comptoir où, sous bonne garde d'une vitre plastifiée, s'étalaient toutes sortes de plats. Je remarquai une abondance de mouton et en fut aussitôt dégoûtée. Heureusement, des oeufs sur le plat me parurent à même de remplir leur office et j'en pris trois, accompagnant mon assiette de deux petits pains encore tiède. La caissière prit mon nom et mon numéro de chambre, ne me laissant partir qu'après avoir vérifié mes dires.
J'avais terminé mes oeufs lorsque mes parents s'installèrent à la table de quatre que j'occupai. Mon père avait bien entendu pris une énorme platrée de mouton tandis que ma mère se contentait d'une tonne de haricots verts (pour les fibres). A eux deux, ils avaient un repas équilibré, songeais-je sans enthousiasme. Mais après tout, ils étaient en vacances. Je profitais de l'atmosphère bon enfant qui avait dû, à coup sûr, les détendre, pour placer insidieusement :
-J'ai fini de manger. Je peux sortir ?
-Mina ! s'exclama mon père sur un ton outré. Tu n'as même pas pris de dessert. Alors avant de nous fausser compagnie de manière aussi impolie, finis correctement de manger.
Je jetais un oeil plein de reproches à son assiette non équilibrée mais ne répondit rien. Les desserts étaient à volonté (mais à quoi pensaient-ils ? ). Je m'emparai d'un ramequin de compote de pommes et me précipitait à ma table. Je l'engloutis tellement vite que j'étais sûre que papa m'enverrai m'en chercher une autre. Mais il n'en fit rien et je croisai les bras, adoptant une attitude de bouderie. Malheureusement, mes parents étaient en plein examen des autres personnes présentes, s'amusant follement apparemment. Soupirant, je fis de même. Il y avait pas trois familles avec enfants en bas âge, un couple et un homme seul. Tous avaient la tête et les fringues des touristes basiques, sauf le dernier. Il était à une table, mais ne mangeait pas. Il se contentait de boire le contenu d'une bouteille en plastique noir. Bizarre. N'ayant rien de plus passionnant à faire, je l'étudiai, estimant que s'il me regardait, je pourrai feindre d'admirer le papier peint jaune sale. L'homme en question avait l'air grand, mais c'était peut être dû à sa ligne extra mince et son visage émacié. Un visage qui avait par ailleurs une pâleur de craie, de linge et de cachet d'aspirine, tout ça en même temps. Je n'arrivai pas à me décider sur la métaphore. Ses lèvres en revanche, étaient deux lignes rouges. De ses yeux je ne voyait que deux trous noirs. Sa chevelure sombre et désordonnée, ainsi que ses vêtements uniformément noirs, me firent penser à un gothique. Sauf qu'il ne portait pas de bijou à clous. Mes observations m'apportèrent d'autres précieuses informations. D'abord, il ne faisait que boire, négligeant la tarte sur son plateau. Ensuite, à chaque fois qu'il faisait une pause dans son "alimentation", il s'essuyait consciencieusement la bouche, dès le goulot parti. J'étais à me demander s'il se maquillait quand ma mère tapa du plat de la main sur la table.
-Mina ! s'écria-t-elle, faisant se retourner une mère qui siégeait près de nous.
Surprise, je décroisai mes bras et avançait mon buste vers elle.
-Quoi ?
-Ca fait quatre fois que je t'appelles ! Tu pensais à quoi, perdue comme ça dans tes pensées ?
Tiens. Pour une fois qu'elle ne disait pas "Qu'est-ce que tu regardes ?" alors que j'étais perdue dans mes pensées. Décidément, elle avait rarement bon, puisque cette fois, je regardais quelque chose. Ou plutôt quelqu'un.
-Oh, des choses et d'autres. C'était trop furtif, je ne me rappelles pas.
-Et ben... Ton père est remonté, va vite te ballader. Mais ne rentres pas trop tard. Nous ne dormirons pas avant que tu sois au lit.
Je grimaçai en constatant qu'effectivement, papa n'était plus à table. Ni aucun de nos trois plateaux d'ailleurs. Décroisant mes chevilles, je me levai et me dirigeai vers la sortie. Je ne pûs m'empêcher de jeter un oeil sur la fameuse table qui avait retenue mon attention, mais son intérêt avait disparu. J'en ressenti un étrange malaise. Je l'identifiai comme une immense déception, ce qui me surprit. Cet homme n'avait rien d'attirant, enfin il n'était pas beau. Et trop vieux. Pourquoi je pensais à ça, puisqu'il ne m'attirait même pas. Secouant la tête, j'accélérai le pas, soucieuse de me retrouver dehors, au frais.
16 février 2009
Le départ était venu assez rapidement, sans doute parce que ma bibliothèque s'était aggrandie durant les deux dernières semaines avant les vacances d'été. Mon père, une fois n'était pas coutume, avait culpabilisé de son absence causée par des heures supplémentaires au bureau. Cette culpabilité se manifestant pas des achats. Au contraire de ma mère, il ne se berçait pas d'illusion quant à ma vie sociale et savait me satisfaire par quelques bons romans. J'en avais déjà lu la moitié sur la dizaine qu'il m'offrit, mais cinq, c'était toujours bon à prendre.
Les bagages furent chargés en quatrième vitesse, comme si toute la famille était avide de se tirer vite fait. Un peu bizarre pour moi. C'était sans doute l'appel de la charmante auberge qui les appelait, ainsi que du prix exhorbitant les incitant à en profiter un maximum. Je restais assez indifférente à l'ambiance exitée, mise à part cette petite touche de couleur (verte) dans mon humeur signifiant que mon taux de comédie serait amoindri. Nous priment l'avion pour nous rendre à Dublin et je réussis à sauver ma lecture actuelle du noir étouffant de ma valise, elle même condamnée à la soute. Le voyage se déroula sans anicroche notable, si on faisait exception de la tentative d'assassinat par étouffement (ratée) qu'avait occasionnée une cacahuète envers mon père. Mise à part cet incident, je ne gardai pas grand souvenir du vol, transportée par une histoire de romance bizarroïde avec des aliens aux allures de manequins.
En revanche, l'arrivée se grava dans ma mémoire pour l'éternité. Mon éternité. Même pas une centaine d'années. Et quand je dis l'arrivée, je parle de celle au village irlandais, puisqu'un aréoport reste un aréoport. Quand je sentis le taxi s'arrêté, je refermai mon livre en plaquant la couverture des deux mains, signifiant clairement à ces maudites pages qu'il ne servirait à rien de me tenter avant au moins 11 heures du soir. En voyant le paysage à travers la vitre, je m'en convaincquit encore plus férocement. je voulais du vert. J'en avais. Il s'étendant en grande plaine sur ma droite. Tournant rapidement la tête, j'examinai la rue du village dans lequel nous établirions notre campement. Charmant, rustique... Touristique. Mais agréablement touristique. Je m'empressai de sortir respirer un air dénué de gaz d'échappement, humant à leins poumons. Avant d'aller chercher ma vlaise dans le coffre, je m'accordai un instant pour contempler la plaine d'herbe tranchant avec le ciel bleu. Ce dernier était magnifique et je m'impatientai à l'idée de troquer ce temps d'après midi pour celui du soir. J'espérai surtout admirer le coucher de soleil. Mes parents, tellement excités la seconde d'avant que leurs paroles m'étaient incompréhensibles, me rappelèrent à l'ordre. Je me retournai vivement pour me retrouver presque nez à nez avec un chauffeur agacé qui me tendait ma valise. Sans mot dire, pas même un petit remerciement, je lui pris des mains et me mis à la faire rouler sur le chemin caillouteux, vers le village. Mes parents me suivirent, avant de me précéder d'un bon pas. Ils étudiaient chaque panneau indicateur, ce qui nous ralentit plus qu'autre chose, si on considérait la taille du village. Au bout de l'artère principale, entourée de plantes aux fleurs roses et d'arbres aux feuilles d'un vert tendre, presque apétissant, nous apparut l'auberge. Un extérieur tout aussi charmant que le reste du village. Pierre pour les murs, bois pour les portes et fenêtres, fleurs aux balcons. Je me surpris à aimer. Mon père poussa la porte, suivit de maman, toute sourire. Je m'apperçue que j'avais probablement la même tête qu'elle, mais ne réussit pas à effacer ma joie béate. L'intérieur me parut très sombre, comparé au dehors illuminé par un fort soleil. Je distinguai à peine quelques fauteuils et un comptoir que quelqu'un nous emmena à notre chambre par un escalier en bois massif. Les marches étaient très larges et on distinguait sans peine les cercles du bois.
La chambre me satisfait, bien que je me décidai à ne l'utiliser que pour dormir. Un lit double pour mes parents, un simple pour moi à quelques mètres. Il y avait une petite salle de bain commune et des toilettes séparées. La décoration était très simple, dans les tons clairs. Je déposai ma valise sur mon lit et me hatai de descendre, sans même expliquer quoi ce soit de mes intentions à mes parents. Une fois dans le hall, je bondit presque sur le comptoir ou un vieil homme en chemise de coton blanc triait des papiers. Dès que je déboulai, il me prêta attention, ce qui me plût. En revanche, il me détailla de la tête à la taille (ce qui lui était visible) avec un air surpris. Ma taille et mon allure de squelette, sans doute. Cette attitude refroidit un tantinet mes ardeurs, mais ne m'empêcha pas de poser ma question :
-Bonjour! claironais-je d'une manière qui m'était inhabituelle. Je viens d'arriver avec mes parents. Nous sommes ici pour la semaine et aimerions connaitre la météo prévue.
Le vieux fit une grimace, ce qui n'augurait rien de bon.
-Vous auriez dû vérifier avant. Il va pleuvoir.
Je m'étranglais presque et dû déglutir plusieurs fois avant de protester.
-Mais le ciel... Il est si bleu.
-C'est comme ça.
Un haussement d'épaule fut son dernier acte de communication avec moi, car il retourna à sa paperasse en murmurant quelque chose qui ressemblait à "Les touristes, je vous jure !". Nettement moins joyeuse, je retournai à la chambre en trainant la patte. Quand j'y entrai, maman défaisait ma valise. Je fusillai son dos du regard mais la laissai faire. Son petit plaisir personnel : se conduire en mère protectrice de temps à autre. Mon père sifflotait et je n'eus pas le courage de leur annoncer la nouvelle. J'optai donc pour des précautions égoïstes et annonçai mon envie de me promener. Papa acquieça vaguement tout en regardant la vue par la fenêtre et je me précipitai dehors. Trop tard. Maman me rattrapa d'un "Nononon !" aussi énergique que catégorique et je pilai devant la chambre voisine. Incapable de deviner la raison de ce refus, je revins sur mes pas les sourcils froncés, prête à me battre pour ma cause. Mais je n'en eu pas besoin.
-Je sais que le temps est magnifique, mais il est déjà 6 heures. Te connaissant, tu vas divaguer dans un endroit magnifique et rater le dîner. Tu iras te promener après.
Je fus abasourdie par l'exactitude de sa suposition. Elle me connaissait relativement bien en fin de compte. Je me contentai donc de hocher la tête en signe de soumission, surtout que j'avais la permition de me ballader dans la soirée dans un lieu inconnu de nous trois. Sautant sur ma chance et mon lit à peine débarassé de ma valise, je m'emparai d'un magazine de jeux (je ne romperai ma promesse) et d'un crayon mal taillé, bien décidée à passer l'heure suivante le plus posément possible. Mes parents décidèrent de sortir pour visiter les boutiques de souvenir et je refusai tout net leur invitation. Ils n'insistèrent pas, imaginant sans doute un trouble rare causé par leurs absences prolongées qui me faisait fuir les magazins pour touristes. Je décidai de me concentrer sur mes mots croisés, guettant par coups d'oeil régulier la déclinaison du soleil.
Premier récit : Petite affaire à suivre
Intro : J'imagine que vous avez entendu parler de la saga Twilight. Un vampire reniant la soif de sang amoureux d'une lycéenne. Bon, et bien ce qui va suivre en est inspiré, causé par la question Et si ? Et si, pour une fois, le vampire n'était pas inoffensif ?
Chapitre 1 : Rencontrer
Mon nom est Mina. Je suppose qu'il vaudrait mieux rire de l'ironie de la chose que d'en parler. Car, voyez vous, Mina est le nom d'un personnage de Bram Stoker. Vous savez, Dracula. Dans le livre, Mina se fait mordre mais le comte dragon meurt avant sa transformation. Elle a eut de la chance. Cependant, il s'agit d'un personnage de roman. Ce qui n'est malheureusement pas mon cas. Je ne dirais pas non plus que mon histoire est similaire à la sienne, on y retrouve juste un certain élément. Je me plait à penser qu'il s'agit là d'une coincidence, doutant que mon père ait jamais posé les yeux sur un livre de Stoker, mais peut être que... Oui, même si c'est idiot, peut être que c'est un tour du Destin. Avec un grand "D".
Londres, XXème siècle. Un endroit triste, si gris. Surtout qu'avec mes parents, j'habite en plein centre. C'est pratique, mais pas agréable. D'autant plus que je n'ai pas d'amis. Malgré mes seize ans, mes parents ne s'en formalisent pas. Mais c'est sans doute parce qu'ils sont trop occupés à récolter de l'argent. On se demande bien pourquoi, nous vivons plutôt bien. Ecran plat, chaîne HIFI, viande tous les jours. Moi même, je ne suis pas exigente. Je lis quand je m'ennuie, point barre. On pourrait dire que je suis quelqu'un de réservé. Je préfères m'en convaincre plutôt que de songer que j'ai une horrible personnalité, pas assez chic pour les filles de mon lycée. Ca et un physique pas assez attrayant pour les garçons. Ou trop effrayant. Parce que j'ai un gros complexe : ma taille. Grande. Immense. Je suis immense et maigre. Un mètre quatre ving douze. Une fille ! Rousse, peau blanche, yeux gris (ma fierté). Je suis bizarre.
Maman venait de rentrer de l'institut où elle travaillait en temps que responsable du personnel, c'est à dire que je n'avais aucune idée de ce qu'elle y faisait. Elle était toute joyeuse, aggripant son sac à mains en cuir rouge avec ses ongles manucurés, des bêtes rouge sang qui me faisaient parfois tressaillir. Comme à cet instant.
-Ma chérie ! s'exclama-t-elle en tentant sans succès de contrôler sa voix. Devines quoi !
Je levais la tête de mon bouquin et sourit. Je sentis qu'il était un peu tordu, mais il ferait l'affaire. Ca fait toujours l'affaire avec elle. Papa est plus attentif. Ou moins naïf.
-Heu... Tu as eu une promotion ?
Je n'ai pas beaucoup d'imagination et cette réponse me paraissait la plus plausible. Malgré l'erreur évidente, ma mère ne se départit pas de sa joie.
-Mieux que ça ! Je viens d'apprendre que j'avais mes congés cet été, en même temps que Jérôme.
J'étais contente pour elle, mais ne voyait pas ce qui nécessitait cet état d'excitation avancé. Un peu plus et elle sauterait sur place comme une gamine. Devant mon incompréhension évidente, elle soupira et poursuivit à toute vitesse.
-Nous partons en vacances ! En Irlande !
Mon intérêt était enfin éveillé. Je sourit (encore tordu) et écarquillait les yeux. Maman crut certainement décerner une lueur d'inquiétude dans mon indifférence car elle s'empressa d'ajouter :
-Mais tu avais peut être prévu quelque chose avec tes amis. Dans ce cas, tu pourras rester à la maison...
Je compris qu'en réalité, cette inquiétude était teintée d'espoir. Je secouai la tête, décidée à lui faire plaisir toutefois.
-Non maman. On a quelque chose fin aout, mais sinon, tout le monde part en famille.
Le sourire maternel fit son apparition, brillant, presque aveuglant.
-Paaar-fait !
Satisfaite de mon mensonge éhonté, elle partit s'enfermer dans sa chambre. Je jetais un coup d'oeil à la pendule ronde mal placée à côté de la télévision. Presque 7 heures du soir. L'heure de préparer le repas. Je me levai aussitôt pour m'y atteler, steaks et haricots verts étaient au programme. Simple. J'eu tout le loisir de songer aux vacances. L'Irlande. Ca promettait du vert. Tant mieux. Parce que le gris m'étouffait sérieusement ces derniers temps. Et puis, je ne serais pas obligée de faire semblant d'aller trainer au centre commercial avec mes amies imaginaires. Cette année, une petite parcelle de temps promettait de m'être agréable. Je me surpris même à sourire, véritablement cette fois, et le sursaut que j'eus fit glisser le couteau qui devait normalement couper l'oignon. La douleur mit un certain temps à venir, mais pas le sang. Pestant, je m'empressai de passer mon doigt sous l'eau et de l'entourer d'un pansement, avant de nettoyer la portion du plan de travail à présent écarlate. Un coup d'éponge et il avait retrouvé son blanc étincellant. Je retournai tranquillement à ma cuisine, sans songer une seule fois que cette coupure anodine pouvait être un signe. Un mauvais signe.
Bonjour ! Firts Message - Introduction explicative
Bienvenu sur le blog de Vampires, vampires, vampires. Qu'est ce que c'est ce nom ? Il vient tout simplement du forum RPG du même nom (http://3vampires.vampire-legend.com/forum.htm). Mais et surtout parce que le thème général sera le vampire. Nouvelles et autres histoires ou sagas à suivre, que sais je, tout ça sortit de mon cerveau.
Bonnes lectures !

